Pierrette Paule Désy, Fort George, baie James. Une ethnohistoire… (2014)


Fort George, baie James. Une ethnohistoire des marchands de fourrures (Canadiens, Britanniques et Français au XIX



Download 2.56 Mb.
Page6/51
Date27.06.2021
Size2.56 Mb.
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   51
Fort George, baie James.
Une ethnohistoire des marchands de fourrures
(Canadiens, Britanniques et Français au XIX
e et au début du XXe siècle)
INTRODUCTION

Voir le texte de la postface.
ENCHAÎNEMENTS DES ÉVÉNEMENTS
Retour à la table des matières
[4]

Chapitre I

Prolégomènes

L’ÉCOSPHÈRE :


FORT GEORGE AVANT LA CONSTRUCTION
DU BARRAGE HYDROÉLECTRIQUE

Introduction.

Retour à la table des matières

La forêt boréale et le littoral maritime marquent le territoire dans lequel se déploient les sociétés de chasseurs de la baie James. Les rapports qu’elles entretiennent avec un habitat hautement sensible aux variations climatiques et environnementales sont le résultat d’une connaissance symbolique et scientifique acquise au fil du temps. Leur domaine porte le nom de Eeyou Istchee (le pays des Cris).

Dans cette aire immense, des modèles ont été construits à partir du champ culturel, de l’organisation sociale et de la cosmogonie. Le concept d’harmonie avec la nature, qui a pris une coloration politique et exotique souvent près de l’antienne, est autrement complexe. La nature n’est pas particulièrement harmonieuse au sens qu’elle est capricieuse, parfois impitoyable ; cependant au regard des autochtones, l’unité harmonique, née d’une symbiose originelle, vient de ce que chaque lieu représente un signe à interpréter, le temps un tableau à décoder, le territoire une histoire à lire, et qu’elle ressortit directement et indéniablement d’une compréhension totale de l’écosphère. « L'espace est une société de lieux dits, comme les personnes sont des points de repère au sein du groupe », écrit si justement Lévi-Strauss 1.

La forêt subarctique et la mer assurent les ressources indispensables à la subsistance alimentaire et matérielle. Selon que ces ressources sont abondantes ou rares, saisonnières ou annuelles, les habitants s’adaptent aux fluctuations du milieu dans lequel ils vivent et, par conséquent, adoptent une organisation souple, laquelle tient compte des lieux et des variations. En revanche, si une corporation étrangère, en l’occurrence la Compagnie de la Baie d’Hudson, fondée sur l’exploitation [5] systématique des fourrures vient à s’introduire, l’inharmonie entre les occupations traditionnelles et la production articulée sur le rendement commence à régner. Dès lors, la société traditionnelle vit des phases inégales d’ajustement avant de se réapproprier, quand cela lui est possible, ce qui a été perdu, étant donné qu’auparavant des agents modificateurs ont été mis en scène, qui ne sont pas uniquement du ressort des humains, mais tout autant de l’environnement.

Au préalable, il importe de brosser un portrait de l’écosystème de la grande région de Fort George où vivent les Cris 2 et un petit groupe d’Inuit, tel qu’il était dans les années 1960. La toponymie de l’époque a été conservée avec à côté la toponymie originale ou contemporaine.




Share with your friends:
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   51




The database is protected by copyright ©essaydocs.org 2020
send message

    Main page