Br, Joche-Albert Ly


Frère Joche-Albert (André Ly)



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Frère Joche-Albert (André Ly)

Fusillé par les communistes à Sichang (Szechwan Occidental) Chine

21 avril 1951

Naissance : 8 février 1910

Entrée au juvénat : 1921

Prise d’habit : 12 février 1930

Premiers vœux : 2 février 1931

Postes occupés : Pékin, Ecole Primaire du Sacré-Cœur : 1931-1932

Chefoo (Yentai) 1932-1940

Université Fujen a Pékin : étudiant : 1940-1944

Pékin, Collège du Sacré-Cœur : 1944-1945

Chefoo : 1945-1947

Shangai : 1947

Tsingtao : 1947-1949

Sichang : 1949-1951
D’une famille de cultivateurs au village de Ling Shang Sze, environs de Sienhsien, au nord de la Chine, siège du vicariat apostolique des Pères de la Compagnie de Jésus (Province de Champagne).
Cette région a donné beaucoup de martyrs au temps de la révolution des Boxers en 1900 (plus de 3000 d’après les estimations dignes de foi dont 56 ont été béatifiés par Pie XII). Nous avons eu un nombre important de Frères Maristes issus de cette région.

Nommé André à son baptême, le petit André Ly entre au juvénat de Chala en 1921. Intelligent, il devait être adopté par un savant athée sinologue, Monsieur d’Hormon. C’est le Frère Marie Nizier qui s’y opposa catégoriquement. Parole facile, son enseignement a partout été un succès dans plusieurs matières. Il a connu à Chefoo une grave crise de scrupules et fut « sauvé » par le Père Ariztegui, franciscain qui lui redonna confiance. C’était un bon religieux, fidèle à ses engagements, zélé dans son apostolat, soucieux de la conversion des païens et des vocations maristes. Son Provincial nous dit qu’il aimait ses élèves avec beaucoup de justice et d’équité. Toujours prêt à rendre service, il restait très discret. Il était vif, de prompte répartie mais toujours de bonne humeur.


Un soir de retraite, le dimanche 23 juillet, la police chinoise vint se saisir sans explication des 4 frères et les amena. Alors la police chinoise puis japonaise fit une fouille dans les chambres des 4 frères arrêtés. C’est le Frère Joche qui, avec conviction, persuade qu’il s’agit d’un rassemblement religieux et non d’un complot communiste. Et ils ne furent plus inquiétés. Il avait une grande puissance de travail serein, sans bouger, qui lui valait le surnom de « petit Bouddha ». Il excellait partout.
Son contact avec le communisme avait affermi sa foi et sa piété.
Après son travail de classe, et pendant les vacances, il prenait plaisir à faire le catéchisme à des étudiants et particulièrement aux protestants.
Pendant les cours de « lavage de cerveaux » que donnaient les communistes à Laiyang, il arrivait au Frère Joche de discuter avec l’officier communiste sur des points de la doctrine catholique, sur l’existence de Dieu et ce, une partie de la nuit.
Envoyé dans un poste difficile, il disait : « Même si je dois y mourir, que dois-je craindre si j’obéis ? »
Il ne quittait jamais la communauté sans motif sérieux et sans permission.
Les chefs communistes, ignorants de religion, ne pouvaient réfuter ses arguments et le faisaient taire par force et il finit par être abattu pour avoir trop clamé ses convictions de foi religieuse.
Il avait beaucoup de peine à exercer la discipline auprès des élèves, mais il s’imposait par son attitude, sa franchise et sa grande bonté. De manière clandestine, le Frère Joche s’était procuré un uniforme militaire, un passeport communiste, des tickets de nourriture et de l’argent pour mieux passer inaperçu. Mais il fut arrêté par une milice nationaliste qui le mit en prison pour trois jours.
Frère Joche proclamait, au risque de sa vie, les mensonges et les tactiques d’asservissement communiste. « Il faut que la vérité éclate et tant pis pour ce qui peut m’arriver », disait-il à ceux qui le mettaient en garde et lui offraient de se retirer à Formose. « Si Dieu me le demande, je suis prêt à verser mon sang pour lui et pour la vérité ».
Il parlait au nom de l’évêque quand il le lui demandait ; il n’a jamais hésité à se compromettre ; les communistes savaient qu’il était « l’homme à gagner ou à supprimer ».
Refusant de signer le manifeste des « Trois Autonomies » au prétoire, c’est là son arrêt de mort car ils comprirent qu’il ne renoncerait pas. Aussitôt il est emprisonné « pour complot ». En prison il parle et proclame sa foi, il partage tout et se prive pour les autres, ont dit ses codétenus. La dernière entrevue devant ses gardiens fut le jour de l’an (12 février) ; il reçut l’absolution et la communion et dit : « Dites à Monseigneur, aux prêtres, aux Frères et Sœurs que je pense à eux et Dieu, je ne l’oublie pas ». Ce fut son dernier message ; il fut fusillé le 21 avril devant les remparts de Sichang : « traître à la patrie ! »
Il était pour les communistes le plus ardent des catholiques de Sichang, qu’il fallait supprimer parce que redouté. Il a résisté à toutes les propositions, à toutes les promesses, à toutes les menaces ; il est resté fidèle devant la mort et jusqu’à la mort. Il avait, par avance, accepté de verser son sang pou Dieu, pour l’Eglise, pour la vérité. Il fut fusillé en haine de la foi, c’est le témoignage de compagnons de détention et même d’incroyants.
Philippe Carriquiry, Vicaire général,

Des Missions Etrangères de Paris,

Déclare en conscience avoir été

très proche témoin.

Singapore, le 22 avril 1959.

Brother Joche Albert Ly






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