Du point de vue de l’Histoire …



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REPERES HISTORIQUES ET ARCHITECTURAUX : « De la Loire au Val de Loire … »

Du point de vue de l’Histoire …


Traversé par un fleuve qui a été longtemps la principale artère commerciale de la France, le Val de Loire a été le cœur du royaume pendant près de deux cents ans.

Le Val de Loire a été partagé par plusieurs peuples à l’époque gauloise. La tribu celte des Turons a donné son nom à la Touraine et les Carnutes ont sonné le signal de la révolte contre César qui, en représailles, incendie Genabum, l’ancien nom d’Orléans.

Les villes  s’urbanisent selon le modèle romain et le christianisme, implanté au IVe siècle avec Saint-Gatien, premier évêque de Tours, triomphe avec Saint-Martin dont le tombeau sera l’objet d’un lieu de pèlerinage pour toute l’Europe.
 
Dès le Ve siècle, le Val de Loire est le lieu de séjour privilégié des rois. Clovis demeure à Blois, Amboise et Tours, et son fils, Clodomir, fait d’Orléans sa capitale.

Si l’Orléanais comme l’Ile-de-France et le Berry relève du domaine capétien, la Touraine, le Blésois, l’Anjou et le Maine constituent des principautés autonomes et rivales. Le comte de Blois  a pour ennemi son homologue d’Anjou, le redoutable Foulques Nerra. La dynastie de ces comtes d’Anjou atteint son apogée au XIIe siècle avec Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre et son épouse Aliénor d’Aquitaine qui comblent de bienfaits l’abbaye de Fontevraud, fondée en 1101.

Les Capétiens font valoir leurs droits de suzerains et la reconquête des provinces de l’ouest par Philippe Auguste est scellée par le traité de Chinon qui lui rend, en 1214, l’Anjou, la Touraine et le Berry. Cette unité ne dure qu’un temps car les rois de France divisent leur domaine pour le partager entre leurs fils cadets.

Durant la guerre de Cent Ans, l’occupation anglaise et l’alliance bourguignonne chassent le roi de Paris. Le dauphin, futur Charles VII, n’a d’autre choix que de se réfugier à Bourges puis à Tours pour exercer ce qui lui reste de pouvoir. En 1422, la couronne qu’il coiffe à Poitiers ne pèse pas bien lourd. Le miracle qui va le sauver s’appelle Jeanne d’Arc. Il la reçoit en 1429  à Chinon où il a installé sa cour. La jeune femme le persuade de lever un commandement. Avec une petite armée, elle entre dans Orléans qu’elle délivre, ce qui ouvre la voie de Reims pour le sacre.


Si Charles VII fait son entrée à Paris en 1437, il continue à se méfier de la capitale et préfère habiter ses résidences en Touraine et Berry. Ses successeurs maintiendront la résidence royale en Val de Loire pendant un siècle. Louis XI, tout en ayant une vie itinérante, favorise Amboise et le Plessis, près de Tours.

La fin du  Moyen Age arrive avec Charles VIII, né à Amboise,  qui incarne la transition vers une nouvelle époque, la Renaissance. Ebloui par le raffinement en Italie, où il cherchait à faire valoir les droits des Valois hérités de la Maison d’Anjou, il ramène un butin considérable d’œuvres d’art. Son mariage, au château de Langeais, avec Anne de Bretagne, rattache au domaine royal cette terre de l’ouest farouchement indépendante. Il meurt à vingt-huit ans, en se cognant la tête sur un linteau de porte dans son château d’Amboise.


Sans héritier, il laisse la place à Louis XII, né à Blois, qui va se marier à son tour avec Anne de Bretagne. Ce seul roi de la dynastie Valois-Orléans, étant mort sans enfant, la couronne revient à son cousin François qui se marie avec sa fille Claude.

Après son expédition en Italie et  son retour de captivité, en 1526, François Ier a certes préféré les résidences d’Ile-de-France mais les derniers Valois n’ont pas délaissé pour autant les bords de Loire. Le règne d’Henri II est marqué par la rivalité entre Catherine de Médicis, son épouse, et Diane de Poitiers,  sa maîtresse, à qui il offre Chenonceau.


François II, son successeur, échappe à la conjuration d’Amboise menée par les protestants et noyée dans le sang.
Le nom de son frère, Charles IX, est lié au massacre de la Saint-Barthélémy qui fera  un millier de victimes à Orléans.
Le dernier des Valois, Henri III, fait assassiner, à Blois, le duc Henri de Guise  qui conspire contre lui. Replié à Tours, il s’allie à Henri de Navarre et marche sur Paris quand il est, à son tour mortellement poignardé.

Avec l’avènement des Bourbons et d’Henri IV, sacré à Chartres en 1594, s’achève la longue histoire des rois de France en Val de Loire. Privées des élites urbaines par la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les villes perdent alors les artisans du luxe qui s’y étaient maintenus malgré le départ de la Cour.

Le développement du chemin de fer, au milieu du XIXe siècle,  a progressivement condamné le commerce fluvial ligérien très florissant pendant deux siècles, notamment avec le transport de produits exotiques.

Tours voit l’établissement du quartier général américain durant la Première Guerre mondiale puis le repli du gouvernement, devant les Allemands, le 10 juin 1940.

Voué à l’industrie nucléaire avec l’installation de plusieurs centrales au fil du fleuve, le Val de Loire retrouve son aura de paysage culturel avec son inscription,  en 2000,  sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

Du point de vue de l’Architecture …


Le Val de Loire est le plus souvent associé à la période de la Renaissance. La construction des châteaux a toutefois commencé bien avant le XVIe siècle et a duré jusqu’au XIXe.

Fleuve frontière, la Loire est d’abord hérissée de places fortes dont beaucoup exploitent des sites naturels de défense. Disparus à Amboise, Blois ou Chinon, les puissants donjons de l’An Mil et du XIe siècle subsistent à Langeais, Loches et Montrichard.

Dès le XIVe siècle à Saumur, et au siècle suivant à Angers, les princes transforment leurs austères forteresses en cadres de vie agréables. Entre 1450 et 1470, les châteaux forts d’Ussé, de Châteaudun, de Chaumont-sur-Loire et de Montsoreau deviennent, à leur tour, des châteaux résidence. Jean Bourré construit à la même époque deux châteaux de conception opposée : pour le roi, le château de Langeais, encore muni de tours défensives, et, pour lui-même, le Plessis-Bourré, au plan régulier et doté d’un plaisant logis en fond de cour.

Le règne de Louis XI favorise l’effet bicolore de la construction «  brique et pierre »  que l’on retrouve au Plessis, près de Tours et au Clos-Lucé, à Amboise.

A partir de la fin du XVe siècle, les Français sont séduits par les jardins des Italiens plus que par leur architecture antiquisante, jugée trop savante. Ils s’imprègnent de leurs motifs pour introduire un nouveau répertoire décoratif.

Motif central du château français, la tour d’escalier est encore une traditionnelle vis hors-oeuvre à Blois, dans l’aile François Ier, en dépit du décor italianisant et du plan polygonal. Elle se métamorphose à Chambord par le génie de Léonard de Vinci qui l’implante au cœur de l’édifice et la dote d’une double révolution. Bientôt est adopté le modèle d’escalier italien, rampe sur rampe à volées droites, ouvert de loggias à Azay-le-Rideau et disposé au milieu du bâtiment à Chenonceau.

Dès 1532, le château de Villandry s’orne de pavillons d’angles plus fonctionnels que les tours rondes. Les bâtards ou les officiers royaux en quête de légitimité conservent toutefois dans leur nouvelle demeure le « donjon » hérité du Moyen Age, comme Dunois à Châteaudun, Gilles Berthelot à Azay-le-Rideau et Thomas Bohier à Chenonceau.

L’architecture du XVIIe siècle a également marqué de son empreinte le Val de Loire. Le château de Cheverny apparaît comme une construction classique parfaitement symétrique qui exacerbe le modèle français de la construction à cinq corps : un avant-corps central et deux ailes latérales flanquées de pavillons. La même configuration inspire Mansart pour l’aile Gaston d’Orléans du château de Blois.


La galerie des Illustres à Beauregard, les plafonds peints de scènes mythologiques ou bibliques à Brissac ou les vues de demeures royales à Gizeux, sur le modèle de Fontainebleau, attestent du développement sans précédent du grand décor peint.

Au XVIIIe siècle, s’exprime un nouveau souci d’ouverture sur l’extérieur : à Ussé, à Villandry ou à Chaumont-sur-Loire, l’aile nord est abattue pour ouvrir la cour sur le paysage. Au début du siècle suivant, il en sera de même au château d’Amboise.

Après la tourmente révolutionnaire, les châteaux connaissent une nouvelle heure de gloire au XIXe siècle. Avec le chemin de fer et la vogue des villégiatures, les anciens et nouveaux aristocrates font reconstruire ou restaurer leurs demeures, maisons de campagne en Touraine ou pavillons de chasse en Sologne. En 1830, le château de Courtalain offre un exemple précoce de donjon néo-gothique sur le modèle anglais. D’anciennes forteresses revisitent leur passé, comme Montrésor, en Touraine, avec l’héritage polonais importé par le comte Xavier Branicki.

Le XXe siècle est surtout marqué par le regain d’intérêt pour les jardins. L’œuvre pionnière du Dr Carvallo, créant à partir de 1910 à Villandry des jardins d’esprit Renaissance, a guidé plus tard, toujours en Touraine, les propriétaires des châteaux de Chenonceau, de Valmer et de La Chatonnière.



Possessions des plus grandes familles – d’Amboise (Chaumont), d’Harcourt (Montreuil-Bellay), Castellane (Villandry), Beauvau (Le Rivau), Talleyrand-Périgord (Valençay), Montmorency (Courtalain) – petits et grands châteaux de la Loire témoignent d’un millénaire d’art et d’histoire.




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