Burkina Faso



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Burkina Faso


Appropriation

    1. Les partenaires ont des stratégies nationales de développement opérationnelles

    a. Une vision à long terme cohérente et une stratégie à moyen terme qui correspond à cette vision

  1. Une étude de la vision à long terme — « Burkina 2025 » — a été achevée en décembre 2005. L’étude a été réalisée par un Groupe opérationnel d’experts de l’étude prospective, mis en place par le gouvernement en 2003 avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Ce groupe était dirigé par un représentant de la société civile et composé d’environ 60 membres représentant l’ensemble de la société nationale. L’étude qui a été achevée en 1995, prévoit des scénarios possibles pour le développement à long terme du Burkina et met à jour une Lettre d’intention pour une politique de développement durable. La Lettre d’intention reflétait la stratégie de développement du gouvernement à long terme. Elle a fourni un cadre conceptuel des stratégies nationales à moyen terme, en mettant l’accent sur la sécurité humaine, décrite comme étant la sécurité économique, l’accès à l’éducation et à la santé, la sécurité alimentaire, la sécurité de l’environnement et enfin les sécurités individuelles et politiques. La Lettre d’intention a été conçue sur la base d’une approche consultative tirée d’une tradition de planification sectorielle participative à long terme datant des années 80. En mars 2006, le gouvernement a organisé un atelier national avec 100 participants venant du secteur public, des ONG et de la société civile, dans le but de diffuser les conclusions de l’étude « Burkina 2025 ».

  2. Le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) II pour la période 2004-2006, qui est le second document de Stratégie de réduction de lapauvreté (SRP)5 du Burkina. Le CSLP II est un instrument visant à rendre la vision à long terme opérationnelle et intègre les conclusions préliminaires de l’étude « Burkina 2025 ». Il approfondit la mise en oeuvre du CSLP pour la période 2001-2003 et comprend, pour la période 2004-2006, un Plan d’actions prioritaires (PAP) traduisant les orientations stratégiques en actions échelonnées et renforçant le suivi-évaluation orienté vers les résultats du CSLP II. Le PAP est révisé chaque année, afin de permettre que les priorités du CSLP II soient prises en compte dans le budget de l’État.

  3. Des plans décennaux de développement, élaborés en parallèle avec le CSLP dans les secteurs tels que l’éducation de base, la santé et la réforme des dépenses budgétaires, se poursuivent et alimentent le CSLP II. Le gouvernement a récemment achevé treize plans de développement régional conçus pour coller aux réalités de chaque région. Avec l’entière communalisation du pays introduite par la loi de décentralisation de 2004, on espère que ces plans régionaux seront révisés pour alimenter les plans communaux. A leur tour, les plans régionaux serviront de socle à la révision de la stratégie nationale.

b. Des objectifs de développement pour le pays, assortis d’une stratégie globale, équilibrée et bien échelonnée.


  1. 4. Le CSLP II poursuit les Objectifs de développement pour le millénaire (ODM) ainsi que d’autres objectifs propres au pays, tels que la croissance induite par l’agriculture et le développement des infrastructures rurales. Les ODM sont conçus sur la base des réalités nationales et leur réalisation est liée à quatre secteurs prioritaires du CSLP, à savoir : l’éducation, la santé, l’eau potable ainsi que l’agriculture et l’élevage. Sur la base non seulement des leçons tirées de l’expérience, mais également de la disponibilité des ressources, des revues annuelles permettent d’ajuster les objectifs poursuivis. A titre d’exemple, les délais impartis pour atteindre les objectifs liés à l’accès généralisé à l’éducation, à la réduction de la pauvreté et à l’élimination des disparités entre hommes et femmes dans le système éducatif, ont été revus afin d’aller au-delà de 2015, à cause de la faible base de départ et des capacités limitées.

  2. Le CSLP II repose sur les quatre objectifs du premier CSLP : croissance accélérée et équitable, meilleur accès des pauvres aux services sociaux, davantage d’opportunités d’emploi et bonne gouvernance. La stratégie a été affinée pour se concentrer sur des questions transversales telles que l’intégration des disparités entre les sexes, en particulier dans l’éducation, ainsi que l’intégration régionale, le développement des petites entreprises et l’environnement. D’autres avancées sont garanties en ce qui concerne l’élaboration d’une stratégie sur les disparités entre les sexes et la promotion des petites entreprises et de l’intégration régionale.

    c. Capacité et ressources disponibles pour la mise en œuvre

  1. Le gouvernement a lié la stratégie au budget, en adoptant un cadre triennal de dépenses à moyen terme qui est actuellement incorporé au cycle budgétaire. Pour la première fois, le cadre de dépenses à moyen terme pour la période 2003-2005 a été élaboré à temps, de manière à être annexé à la circulaire sur le budget, avant la finalisation du budget 2003. Les cadres de dépenses qui ont suivi, notamment celui de 2007-2009, ont eux aussi été finalisés, et présentaient des liens avec le PAP. Un cadre sectoriel de dépenses à moyen terme donne des orientations sur les dépenses publiques dans le domaine de la santé. Des cadres similaires sont prévus dans les secteurs des finances, de l’eau et des transports. Les allocations budgétaires ont été compatibles avec le CSLP ; les dépenses sociales liées à la réduction de la pauvreté ont connu une hausse, allant de 4,8 % du PNB en 2002 à 5,8 % en 2004. Cette tendance se poursuit pour le budget 2006, avec près de la moitié de toutes les recettes intérieures finançant les dépenses des secteurs sociaux prioritaires tels que l’éducation, la santé, l’emploi et la sécurité sociale. Cependant, le cadre de dépenses à moyen terme n’a pas encore fait l’objet d’une complète appropriation au niveau sectoriel ; il doit encore être complété par les budgets de programme reposant sur les résultats au niveau sectoriel, et les décaissements ne sont pas encore étroitement liés aux résultats. La finalisation d’un cadre de dépenses à moyen terme pour la santé en 2005, pour l’éducation en 2006 et le nouveau PAP constituent des étapes positives dans cette direction. Des revues annuelles du CSLP ont également conduit aux améliorations du cadre de dépenses à moyen terme, et les ministères compétents commencent à élaborer des plans sectoriels prioritaires en droite ligne des CSLP. Le gouvernement s’apprête également à utiliser ces revues du CSLP comme repère pour l’élaboration du cadre de dépenses à moyen terme et le projet de budget annuel.

  2. La capacité de mise en œuvre de la stratégie n’a pas permis d’atteindre la capacité de formulation. Des questions transversales telles que le renforcement des capacités, la réforme de la fonction publique et la décentralisation doivent être traitées de manière plus approfondie afin de faciliter la mise en œuvre de politiques et stratégies sectorielles. Les principaux ministères représentés au sein des groupes sectoriels et thématiques sont en train de renforcer leurs capacités afin d’élaborer et de mettre en œuvre des projets visant à réaliser les objectifs du CSLP. Cependant, ces ministères ne disposent pas souvent d’assez de ressources techniques et financières leur permettant de mettre en œuvre des politiques et des programmes de manière efficace. La société civile et le secteur privé ont les capacités de mise en œuvre et pourraient absorber des ressources supplémentaires pour atteindre les objectifs du CSLP. Le gouvernement central est en train de renforcer les collectivités locales dans le cadre de la décentralisation et conformément aux objectifs du CSLP. Des efforts pour améliorer les systèmes de contrôle budgétaire doivent être poursuivis et renforcés. Des revues annuelles du CSLP ont relevé la nécessité de faire des projections de recettes plus réalistes.

    d. Participation des parties prenantes nationales à la formulation et à la mise en œuvre de la stratégie

  1. Il existe un Comité ministériel de pilotage et de suivi, présidé par le Premier ministre et chargé de donner des orientations générales sur la mise en œuvre du CSLP II. Tous les ministères participent aux travaux du Comité de pilotage et de suivi qui siège deux fois par an. L’impact du Comité de pilotage et de suivi sur la coordination interministérielle et la préparation du budget est actuellement limité. Il existe également six Commissions sectorielles présidées par les chefs de départements ministériels, qui évaluent les progrès réalisés dans la mise en œuvre des politiques sectorielles, préparent les rapports d’activité et s’assurent que les politiques sectorielles respectent les orientations de la stratégie nationale. Ces commissions rendent compte à une entité du ministère de l’Economie et du Développement, la direction générale de l’Économie et du Plan (DGEP) qui est chargée de coordonner l’élaboration des rapports d’activités du CSLP. Les commissions sectorielles sont opérationnelles, bien que deux seulement d’entre elles aient produit les rapports qui ont alimenté le rapport d’activité 2005 du CSLP. Les commissions restantes ont examiné les rapports préliminaires préparés par la DGEP. Le gouvernement et les partenaires extérieurs examinent en ce moment les recommandations visant à améliorer l’efficacité des commissions sectorielles. Cette structure de coordination interministérielle se fonde sur une concertation intense menée par le ministère de l’Economie et du Développement en 2003 et 2004 avec les ministères compétents durant la formulation du CSLP II, dans le but de clarifier le lien existant entre les politiques sectorielles et la stratégie nationale.

  2. Il existe un Secrétariat technique pour la coordination des programmes de développement économique et social (STC-PDES) chargé de faciliter l’implication continue des parties prenantes à la mise en œuvre du CSLP. Les consultations pour la formulation du premier CSLP et ses rapports d’activité, avec le ministère de l’Economie et du Développement comme chef de file, ont impliqué beaucoup de monde, mais ont manqué de consistance. Les consultations pour le CSLP II se sont déroulées sur une période de sept mois, allant de la revue de l’ancienne stratégie à l’examen final du projet de CSLP II. La formulation du CSLP II a été enrichie par treize consultations au niveau régional pour la mise sur pieds de stratégies régionales qui ont alimenté la stratégie nationale. Néanmoins, la participation des parties prenantes a été limitée lors de la formulation du PAP. Chaque année, des révisions participatives du CSLP doivent être réalisées aux niveaux national et régional et les conseils régionaux servent de lieux permanents de concertation avec les parties prenantes. Les organes de représentation provinciale ou communale participent également à cette concertation. Bien que le gouvernement envisage d’impliquer les organes de représentation des 300 communes rurales élus en avril 2006 dans la mise en œuvre du CSLP, les modalités de cette implication ne sont pas encore fixées. Le gouvernement envisage d’organiser régulièrement des ateliers de diffusion sur les principaux tenants de l’étude « Burkina 2025 » avant la mise à jour du CSLP et du PAP.

  3. Des ONG, des groupes de femmes et des universitaires ont participé à toutes les consultations en vue de l’élaboration du CSLP II. En 2003, des ONG ont organisé des ateliers pour débattre des possibilités d’une participation accrue à la mise en œuvre du CSLP, et leurs conclusions ont été incorporées au CSLP II. Des représentants de la société civile ont participé aux travaux du Groupe opérationnel d’experts de l’étude prospective qui a réalisé l’étude intitulée « Burkina 2025 ». Cependant, l’implication des organisations de la société civile (OSC) dans la mise en œuvre du CSLP est inégale dans les secteurs, avec une participation plus forte dans les secteurs de l’éducation, de la santé et le secteur rural. La société civile maintient également le dialogue avec le gouvernement à travers ses représentants au Conseil Économique et Social qui est un organisme consultatif public. L’implication de la société civile s’est avérée difficile à réaliser de manière suffisamment représentative.

  4. La participation du secteur privé est en nette progression car le gouvernement a fait montre d’un plus grand intérêt pour prendre en compte les observations du secteur privé dans l’élaboration de la stratégie. Les représentants de la société civile ont pris part aux travaux du Groupe opérationnel d’experts de l’étude prospective qui a réalisé l’étude « Burkina 2025). Les groupes de producteurs agricoles et d’autres membres du secteur privé ont participé aux consultations pour l’élaboration du CSLP et aux ateliers destinés à examiner la stratégie mise à jour. Le gouvernement a exclusivement rencontré la Chambre de Commerce et d’autres associations professionnelles afin de débattre des priorités pour la croissance du secteur privé, qui doivent être incorporées dans le CSLP II. Le Conseil Économique et Social compte plusieurs représentants du secteur privé qui ont participé à la formulation du CSLP. Le gouvernement a également mis sur pieds un Comité de compétitivité comprenant les pouvoirs publics et les représentants du secteur privé, dans le but de soutenir la participation du secteur privé dans la conception et la mise en œuvre des politiques ayant pour objectif le développement du secteur privé. Bien que le comité ne se réunit qu’occasionnellement et qu’il n’ait pas encore participé à la mise en œuvre du CSLP, des mesures visant à renforcer le rôle qu’il joue pour donner forme aux politiques sont prises, avec l’appui des partenaires extérieurs. Par exemple, le Comité de compétitivité participe actuellement au comité de pilotage qui prépare une étude sur les échanges, menée par la Banque mondiale, dans le but d’aider à concevoir des politiques visant à accroître et à diversifier les exportations.

  5. La Constitution requiert l’approbation, par le parlement, des plans de développement national et autorise leur examen préalable par le Conseil Économique et Social. Après l’achèvement du CSLP II, le gouvernement l’a soumis au Conseil Économique et Social pour examen et observations. Il l’a ensuite déposé à l’Assemblée nationale pour approbation. L’Assemblée nationale ne débat pas des rapports d’activité, mais le gouvernement les transmet à l’Assemblée nationale qui vote le budget. Bien qu’il n’y ait aucun examen formel sur l’état d’avancement de la mise en œuvre du CSLP, les ministères compétents fournissent des informations sur l’état d’avancement de la mise en œuvre des politiques et programmes au cours de la session budgétaire annuelle. On espère que l’utilisation planifiée des examens annuels du CSLP en tant que repère pour la préparation du budget annuel renforcera davantage la circulation d’informations sur le développement en direction de l’Assemblée nationale. En outre, les membres de l’Assemblée nationale peuvent demander aux ministères compétents des compléments d’informations sur la mise en œuvre du budget.

Alignement

    2. Des systèmes nationaux fiables

  1. Des progrès importants ont été réalisés dans le renforcement des systèmes nationaux. Depuis 2002, le gouvernement met en œuvre un plan appelé le Plan de réforme de la gestion budgétaire, dans le but de renforcer la transparence, la fiabilité et l’efficacité du processus budgétaire, en droite ligne du CSLP. Le plan a réussi à déconcentrer progressivement la préparation du budget et les ordres de paiement au profit des ministères compétents et à renforcer la surveillance grâce à la mise en place de la Cour des Comptes à laquelle les rapports d’exécution du budget annuel sont soumis. La Cour des Comptes effectue les audits du budget du secteur public qui englobe l’administration centrale, les administrations publiques sub-nationales et les entreprises publiques. Grâce à l’appui des partenaires extérieurs, le gouvernement renforce les fonctions de surveillance de la Cour des Comptes à travers la mise en œuvre du Plan de réforme de la gestion budgétaire. Il existe de plus en plus d’analyses en cours sur la mise en œuvre du budget et l’exécution des budgets de programme des secteurs prioritaires, notamment le suivi des dépenses des ministères. Cependant, la Cour des comptes n’est pas dotée d’un personnel en nombre suffisant et d’assez de ressources financières pour mener à bien sa mission. Il y a une accumulation considérable de dossiers d’audit budgétaire et les rapports de la Cour sont actuellement publiés grâce au financement des partenaires extérieurs. Un système de gestion automatisée des dépenses est en place. Le gouvernement est en train de dérouler un système intégré de gestion administrative de la solde des personnels de l’État (SIGASPE) qui couvrira aussi bien le gouvernement central que les collectivités locales, ainsi qu’un système de gestion automatisée de la dette (SYGADE). Il est également en train de mettre sur pieds un système intégré de la gestion des recettes. Le critère de performance de l’Évaluation de la politique et des institutions nationales, publié par la Banque mondiale en 2005, qui évalue la qualité de la gestion budgétaire et financière, crédite le Burkina Faso de la note 4 sur une échelle allant de 1(très mauvaise) à 6 (très bonne).

  2. En 2002 et 2003, le gouvernement a procédé à l’examen des lois et règlements fixant les modalités de la passation des marchés publics, dans le but de renforcer la transparence et l’efficacité, ce qui a donné un nouveau code de marchés. Il a également créé une commission chargée de la réforme de la passation des marchés publics, la Commission nationale de coordination et de suivi de la réforme des marchés publics, composée des représentants des pouvoirs publics et des parties prenantes, en vue de coordonner et de contrôler la réforme des marchés publics. Dès lors, les fonctions de passation des marchés publics ont été déconcentrées vers les cellules ministérielles des finances et de la planification et les collectivités locales, ce qui simplifie les procédures. Un système de gestion de la trésorerie est en place, dans le but de s’assurer que les cellules d’approvisionnement disposent d’assez de ressources.

  3. Cependant, des goulets d’étranglements en terme de capacité et de structure demeurent. La capacité des unités administratives à mettre en œuvre le Code des marchés publics reste limitée. En 2005, 5 % seulement des marchés publics ont fait l’objet d’un audit. Au début de l’année 2006, le gouvernement a adopté un plan d’action visant à renforcer le système de passation des marchés publics qui repose sur les recommandations d’une étude réalisée par les partenaires extérieurs sur l’évaluation des marchés publics au Burkina Faso en 2005. Le plan d’action comprend la création de l’Agence de régulation des marchés publics et la révision des attributions, de la composition et du fonctionnement de la Direction centrale des marchés publics (DCMP). Il envisage également la création des unités spécialisées dans les marchés publics au sein des principales autorités/administrations contractantes ayant des attributions et des missions bien définies.

  4. Depuis 2002, une Haute autorité pour la coordination de la lutte contre la corruption coordonne les mesures anti-corruption. Un réseau de la société civile contre la corruption, le Réseau national de lutte contre la corruption, a contribué à la prise de conscience des citoyens. En mai 2006, le gouvernement a également approuvé une stratégie nationale pour la lutte contre la corruption. Afin de mettre en œuvre cette stratégie, la Haute autorité pour la coordination de la lutte contre la corruption est en train d’élaborer un plan d’action. Cependant, elle dispose d’un mandat limité pour instruire des cas de corruption et est dotée de moyens insuffisants pour lui permettre d’accomplir sa mission. Le Burkina Faso s’est classé 79e sur 163 en 2006, selon l’indice de perception de la corruption de « Transparency International ». Sur une échelle allant de 0 (très corrompu) à 10 (pas corrompu du tout), le pays a été crédité d’un score de 3,2. La corruption est perçue comme une question importante et on espère beaucoup que la mise en œuvre de la stratégie de lutte contre la corruption aidera à la combattre.

    3. Les apports d’aide sont alignés sur les priorités nationales

    a. Prise en main de la coordination par l’État

  1. Le gouvernement s’est employé à prendre les devants en ce qui concerne la coordination de l’aide au développement, en particulier après le lancement du CSLP II. Le ministère des Finances assure la coordination de l’ensemble de l’aide au développement. Une cellule à l’intérieur du ministère, la direction générale de la Coopération (DG COOP), assure la maintenance des bases de données électroniques qui contiennent des informations sur les projets et les décaissements financés par l’étranger et prépare un rapport annuel sur l’aide au développement. Ce rapport fait l’objet d’une large diffusion, mais est publié avec beaucoup de retard. Il existe un certain nombre de groupes de travail sectoriels — les Cadres de concertation — présidés par les ministères compétents et chargés de la coordination des concours des partenaires extérieurs en matière d’appui budgétaire, d’agriculture, d’éducation, d’énergie, de santé, d’eau et d’assainissement, de formation professionnelle et de transport. Ces groupes de travail ont une forme conventionnelle, avec un plan de travail annuel et des mécanismes réguliers pour l’échange d’informations. Afin de faciliter la coordination, le gouvernement a recensé des organismes de premier plan dans un certain nombre de secteurs. Avec l’UNDP, le gouvernement a co-présidé des tables rondes ayant pour objectif la coordination de l’aide octroyée par divers partenaires bilatéraux et multilatéraux. La dernière table ronde s’est tenue en mars 2004 à Ouagadougou et le gouvernement y a présenté aux partenaires extérieurs les versions révisées du CSLP II et du PAP.

  2. À cause de la diversité des conditions financières, juridiques et institutionnelles des partenaires extérieurs, il existe encore de graves obstacles à la facilitation de la prise en main de la coordination par les pouvoirs publics et au renforcement de l’harmonisation et de l’alignement. En 2006, le PNUD, la CE et la Banque mondiale ont mis sur pied un Secrétariat technique chargé de l’efficacité de l’aide, dans le but d’identifier et d’examiner les obstacles et les alternatives au soutien du gouvernement en vue du renforcement de l’harmonisation et l’alignement.

  3. Le gouvernement est en train de mettre en place des mesures visant à consolider de solides partenariats public/privé à travers l’institutionnalisation d’un cadre pour la participation du secteur privé et de la société civile. En collaboration avec le secteur privé en particulier, le gouvernement étudie en ce moment des réformes juridiques visant à faciliter leur participation à l’extension des opportunités économiques. Le gouvernement envisage également un partenariat avec la société civile et a l’intention de permettre le renforcement des capacités des organisations locales, dans le but d’accroître leur efficacité. Les OSC prennent une part active dans la mise en œuvre des stratégies sectorielles, notamment dans le domaine de l’éducation. Le gouvernement continue à encourager les OSC à s’organiser à l’échelle nationale et à participer à la mise en œuvre des autres stratégies sectorielles.

    b. Alignement de la stratégie d’aide des partenaires

  1. D’une manière générale, les partenaires extérieurs ont aligné leur aide sur le CSLP. Les cinq principaux partenaires sont la Banque mondiale, la France, la CE, les Pays-Bas et la BAD ; ils représentaientt à peu près 77% de l’aide publique au développement (APD) en 2003-2004. L’Autriche est également active. L’APD représentait 12,7 % du produit intérieur brut (PIB) en 20046. Le gouvernement a retenu le CSLP comme le seul cadre pour l’appui de tous les partenaires extérieurs au budget et au projet. Depuis l’année 2000, les stratégies d’aide aux pays de la Banque mondiale ont supporté la mise en œuvre de la CSLP et la stratégie d’aide-pays pour les exercices 2006-2009 continue de le faire, en étant directement issu du CSLP II. Ce dernier se fonde sur une matrice de résultats clarifiant le lien entre les activités appuyées par la Banque mondiale et les objectifs du CSLP. Les stratégies d’assistance de la CE et des Pays-Bas reposent sur le CSLP. Les activités de l’AFD pour la période 2005-2007 viennent en soutien aux objectifs du CSLP. La stratégie nationale de l’Agence autrichienne de développement pour la période 2005-2007 est basée sur le CSLP. Le Cadre de l’aide au développement des Nations Unies pour la période 2006-2010 s’appuie sur le CSLP et soutient sa mise en œuvre. Lancé en juillet 2005 par la Millenium Challenge Corporation (MCC) et l’Agence des États-Unis pour le développement international pour aider le Burkina Faso à se prévaloir de financements provenant de contrats dans le cadre du mécanisme du Compte du millénaire (MCA), le Treshold Program porte essentiellement sur l’éducation et est aligné sur la stratégie nationale dans ce secteur et sur le CSLP II. Depuis novembre 2005, le Burkina Faso peut également prétendre aux financements du mécanisme MCA pour l’exercice 2006. Le gouvernement prépare actuellement une demande de financement à ce titre, qui s’articule sur les priorités du CSLP II.

    c. Organisation du partenariat

  1. Les partenaires extérieurs commencent à fournir des efforts pour décentraliser leurs activités, à travers leur présence accrue du pays, améliorant ainsi leurs relations quotidiennes avec le gouvernement et avec chacun d’entre eux. Des efforts sont en cours pour renforcer la représentation de la Banque mondiale au Burkina Faso dont le chef-pays est basé à Ouagadougou. Le Directeur des opérations de la Banque mondiale est basé à Accra au Ghana. Les chefs des secteurs environnement, développement rural, éducation et VIH/SIDA sont basés à Ouagadougou alors qu’un chef du secteur des transports est basé à la Représentation de la Banque mondiale à Dakar au Sénégal. Le PNUD a décentralisé ses mécanismes de prise de décision au profit de son bureau dans ce pays. Le programme de l’AFD est géré par un bureau à Ouagadougou. D’autres partenaires dont la CE, les Pays-Bas, le Danemark, l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et la Suède ont détaché des experts techniques qui facilitent leur participation dans les groupes de travail. Des relations institutionnelles entre le personnel des organismes d’aide au développement chargé des concertations sur la politique d’harmonisation et celui en charge de la mise en œuvre du programme doivent être renforcées, afin de garantir une méthode d’approche cohérente en vue de l’harmonisation et de l’alignement.

  2. L’amélioration de la concertation entre les partenaires extérieurs facilite également des accords de partenariat novateurs. A titre d’exemple, la Banque mondiale et les Pays-Bas ont mis sur pied un partenariat silencieux pour le secteur de l’éducation ; les Pays-Bas interviennent au nom de la Banque mondiale en ce qui concerne l’éducation de base, alors que la Banque mondiale travaille pour le compte des Pays-Bas dans les domaines de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur.
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